Restauration de livres
Travailler en Bourgogne

Reliure et dorure, des éléments d’apparat… et bien plus !

Les dictionnaires littéraires définissent le livre comme « la reliure d’un assez grand nombre de pages« . De fait, on pourrait annoncer le raccourci « sans reliure pas de livre« , ce qui semble malgré tout, trop… « raccourci ».
Il faut plutôt penser que la fabrication d’un livre a évolué et que reliure et dorure artisanales sont maintenant des métiers d’arts en marge de l’industrialisation du métier d’imprimeur.

En ce qui concerne l’atelier Reliure Retière Boccard, la reliure et la dorure donnent un éclat spécifique afin que vos livres, précédemment restaurés par nos soins, deviennent les plus grands ambassadeurs de votre bibliothèque.

La reliure d’un livre, la tenue d’apparat sans accessoires

La reliure est essentielle. Sans reliure, comment allez-vous tourner les pages d’un livre sans qu’elles se détachent ? Pire encore, pourquoi détenir un ouvrage daté sans oser l’ouvrir de peur de le détériorer ?

La reliure d’ouvrages est un art qui s’appuie sur des matériaux, des techniques et un langage qui lui sont propres. Tout ceci pour témoigner d’un certain anonymat, et garder le « lien fort » avec l’origine du travail de « lieur« .

La reliure nécessite l’usage de peaux animales. Issues de différentes origines, traitées selon différents procédés. Parmi elles :

  • Le cuir de Russie : cette peau de chèvre, de cheval ou de veau est une matière luxueuse. Tanné à l’écore de pin, de saule ou de bouleau ou des trois en même temps, le cuir de Russie ne craint ni les insectes, ni les moisissures. Petite anecdote : son odeur particulière est acquise par l’imprégnation, côté chair, d’une huile de Russie qui doit son arôme à la bétuline. Sa teinte « roux doux » est obtenue par une décoction bois du Brésil et santal rouge dans de l’eau de chaux.
  • Le galuchat : peau de raie ou de requin ou d’une manière plus générale de poisson comme le saumon, l’esturgeon ou la perche du Nil. Utilisée au 18e siècle pour relier les almanachs, le galuchat redevient à la mode au début du 20e siècle.
  • Le chagrin : peau de mulet, d’âne sauvage ou de cheval, tannée avec du tan de chêne ou de l’alun. Le grain diffère du traitement. La peau, étendue sur un châssis, est parsemée de semence d’Arroche sauvage avant d’être piétinée afin que les graines pénètrent côté peau. Une fois les graines et la peau séchées, les graines sont ôtées et laissent apparaître des cavités irrégulières.

Pour la petite histoire, il faut (aussi) parler de la peau humaine et le plus souvent de la « peau de femme« , après un passage sans retour sur le bûcher.
Les plus anciens ouvrages en peau humaine sont originaires de Grande-Bretagne, dans la seconde moitié du 18e siècle. En France, la Bibliothèque Nationale détient un exemplaire de la « Danse de la Mort » d’Holbein relié avec la peau tatouée du torse d’un marin.

La dorure d’un livre, les accessoires de la tenue d’apparat

La dorure est le complément indispensable de la reliure. Le livre est « réparé », il faut maintenant réaliser les titres de la reliure. De manière artisanale, la dorure se réalise avec différentes techniques : la mosaïque, l’incrustation, le décor aux fers, le polissage.

La dorure n’est pas spécifique aux livres, elle peut décorer un portefeuille ou un sous-main ou être réalisée sous forme de pièces de titre qui seront collées sur un support adéquat.

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